Une semaine en stage de fouille archéologique sur le site de Liberchies.
Ça n’a l’air de rien, mais ça donne un petit avant goût de ce que pourrait être l’enfer.

Jour 1 : l’arrivée
Après de scrupuleux préparatifs, j’avais prévu un quart d’heure d’avance pour arriver à trouver le chantier. Largement suffisant pensais-je!
Que voila donc ma surprise quand le bus nous largue (Laeti et moi) en plein milieu de rase campagne (champs à perte de vue, etc.)

Pas de panique! Un plan a été fourni.
Première étape, trouver le château d’eau…
Le chateau d’eau qui se trouve être un point sombre dépassant à peine de l’immensité des champs de blé.
Après avoir accepté le fait qu’on serait en retard, on s’engage à se rapprocher du bâtiment en traversant un bled de campagne incroyablement long et peu engageant.

Arrivées au château, nous respectons scrupuleusement l’itinéraire en tournant à gauche et tentons de trouver 2 fermes jumelles. Commence une loooongue marche sous 30° en plein soleil et sans eau…
A bout de nerf et prise d’une envie plus que pressante, nous nous arrêtons auprès de la seule âme des 10 km alentours.
2m de haut, 1m80 de large, boiteux, l’oeil libidineux et l’air torve.
J’ai l’audace de lui demander si il y a des toilettes dans son espèce d’exploitation agricole.
Le gentil monsieur nous emmène, Tounette et moi, dans un bloc préfabriqué tapissé de poster de dames fort peu vêtues sur la brique nue. Dans le renfoncement d’un mur : « le pot ». Pas de porte, rien.
Je place la pauvre chérie dans l’embrasure de l’endroit où devait se trouver la porte et le brave homme commence à lui faire la conversation : « il fait chauw heiiiiin? »
Affaire finie, nous nous dépêchons de sortir de l’antre du bonhomme pour revenir sur nos pas.

1 heure à tourner en rond… C’est trop! Je m’essaie au stop et arrête la plus improbable des voitures.
Mamy et Papy devait partir en balade. Des vaches avec de grosses têtes garnissent le tableau de bord et un gros Gismow pend au rétro. Mais la carlingue roule et papy nous ramène illico au château d’eau. Nous les remercions chaudement.

Nous prenons donc l’autre gauche du château d’eau en priant pour tomber sur les fermes jumelles.
Précisé « ne pas suivre l’étang de fouille », nous trouvons les fermes puis continuons, encore et encore et encore… Pas de trace du parking annoncé!

Nous revenons une fois de plus sur nos pas (après tout, on est pas à ça près!) vers « l’étang des fouilles ».
On arrive à une mini pièce d’eau sale où pêchent quelques pêcheurs glauques qui n’ont jamais entendu parler de notre site. On interroge tous ces bons sportifs, n’osons pas nous aventurer de prime abord dans la gargote lugubre qui lui fait face. Une dame nous fait même remarquer qu’il lui semble qu’il soit arrêté depuis des années.
Plus le choix, écartant les pendants anti-mouche de l’entrée, nous faisons nos yeux de chats potés pour qu’on nous emmène enfin à notre lieu de travail. La grande âme qui dirige le tripot nous emmène sur son beau destrier 4×4 noir dans un chemin de pierraille jusqu’au chantier…
(Le parking tant recherché était en fait le rangement sauvage de la voiture du chef de chantier)

Nous arrivons avec 2 heures de retard et l’envie de pleurer.

Devant nous se dresse un trou énorme et rempli d’eau jusqu’à mi-botte.
Seigneur, pourquoi moi?
Nous passerons donc la fin de la matinée à drainer la tranchée.

Jour 1 : l’après midi
Ayant prévu un chargement de l’inutile qui encombrait encore plus inutilement mon sac, nous n’avions donc plus de place pour une bouteille d’eau.
Monde cruel
On retourne donc à la gargote (30 min aller, 30 min retour). Et là, de nouveau, envie pressante!
Je ne pourrai pas dire que c’était pire qu’au matin car il y avait une porte…
Mais ça devait être le seul « bonus ».

De retour au chantier, point de répit. Nous descendons dans la fosse, toutes bottes dehors pour 4 heures de raclage de boue…
Ereintée, dégueulasse et passablement dégoutée notre chef bien aimée nous ramène en voiture jusqu’à la gare. Descendant en ligne droite la chaussée, nous retombant avec dégout et effroi sur l’arrêt de bus où nous avait déposé le chauffeur le matin même.

Je dois avoir fait un truc de particulièrement vil, sournois et méchant pour avoir mérité ça…
Aussi je m’excuse publiquement auprès de chaque personne que j’ai pu, un jour, offenser…
Pardon…

Le pire est à venir mais il viendra demain!
La suite au prochain épisode comme on dit!