Nous arrivons donc aux urgences, samedi à 20h40.
Là, un brave infirmier me fait passer un interrogatoire en règle. Il semble assez médusé.
- Vous avez eu un coup de soleil lundi?
- Oui.
- Vous venez seulement le vendredi soir?
- Oui.
- Malgré le fait que votre peau ressemble plus à de l’écaille de crocodile?
- Oui.
- D’accord…
Je n’aime pas me justifier, surtout quand je pars du principe que personne n’aime les médecins, les hôpitaux, etc. Cependant son air condescendant me donne immédiatement envie de m’en aller…
Après 30 min d’attente que je passe à médire sur « l’indélicat » (record aux urgences selon ma maman), on me conduit dans la salle aseptisée où je vais me faire examiner.
3 bonshommes défilent :
- Mon infirmier dépassé par les évènements qui n’arrive pas à croire que je me suis fait ça en Belgique.
- Un médecin qui me diagnostique une brulure au 3ème degré sur 3% du corps en posant ses grosses mains sur mon dos toujours brûlant depuis lundi.
- Un gars qui passait surement après avoir entendu des rumeurs sur la-fille-au-monstrueux-coup-de-soleil-qui-a-fouillé-en-Belgique. Arrivant devant moi, il exclame un « mon dieu » et repart aussitôt.
Mon premier infirmier, maintenant compatissant, me prend un rendez-vous dans un hôpital spécialisé grand brûlé à Bruxelles et me fait le plus monstrueux bandage jamais fait : « couenne de jambon et filet de pêche ». Entendez là, compresses grasses et filet étrange pour les tenir sur mon dos. Il me souhaite bonne chance et me fait part de son étonnement de ne pas m’avoir entendu hurler et insulter ses ancêtres.
Je passe une des pires nuits de ma vie.
Le lendemain, je repars donc pour cet autre hôpital où je suis accueillie par la crème de la crème des infirmières. Je me fais laver comme un bébé au gant de toilette (les dents serrées et les mains crispées sur des poignées prévues à cet effet). On me tripote avec douceur et compassion tandis qu’on m’appelle « petit poulain ». Snif snif…
Mon médecin spécialiste cubain arrive et tente de m’expliquer que je dois garder mon « bandaché jusque demain sour » et « hydrater ma peau toute les houres ». Elle m’explique ensuite que je suis comme une petite plante privée d’eau qu’on doit bien arroser. Re-Snif snif…
Je me rhabille courageusement et retourne près de ma môman, ma sœurette et mon chéwi morts de tracs.
L’infirmière ajoute même que « Elle a été bien courageuse parce qu’elle a du beaucoup souffrir », je me sens la plus fière de toutes les petites filles de 20 ans.
En sortant de l’hôpital, on aperçoit un panneau significatif qui implore aux patients de ne pas insulter les infirmières… J’admire franchement la patience et le courage de ces braves dames.
Et me voilà donc, le dos collant, le dos qui chauffe, le dos qui pèle, le dos qui fait mal, le dos qui chatouille,… Donc, en conclusion, n’oubliez JAMAIS votre crème solaire! Passez en PARTOUT même aux endroits les plus incongrus.
Ça peut paraître comique présenté comme ça, mais ça fait mal. Un mal continu que les anti-douleurs apaisent à peine. Ça laisse une gène dans tout le dos et ça va durer encore 4 semaines.
Ne prenez pas le soleil à la légère…

Si ça peut vous faire réfléchir à deux fois…
En tout cas, moi, on ne m’y reprendra plus.
La photo date d’aujourd’hui, je n’ai pas de photo présentable « du pire »
Ouille ouille; voilà qui me rappelle de bien mauvais souvenirs. J’ai eu pareil après une chouette après midi en montagne, au cours de laquelle j’ai appris à mes dépends que le soleil brûlait aussi à travers les nuages… Oh le vicieux !
Courage; j’ai aussi eu le même sentiment de frustration vis à vis de la totale inefficacité des anti douleurs, aussi mon meilleur conseil est l’alcool
Euh par la bouche hein, pas sur la brulure
Remet toi vite, bisous
Ju’
Mmmmmmh…
Nurofen + alcool…
Est-ce vraiment très prudent Juju? :p
Non non surement pas, mais alcool sans nurofen, oui