16:00 et déjà vannée, détruite, saoulée, sur les nerfs, irritée, à cran…
Bref, je suis comme un pull en laine vierge à même ta peau.

La raison?
Il faut remonter au 25 octobre.
Déjà 3 semaines? Je n’en reviens pas, j’ai l’impression d’avoir le bonnet assorti au pull.
Le 25 octobre, donc, décidant de mettre de la sauce sur mes pâtes à l’eau,
je postule pour un job supplémentaire et plus régulier.
Les baby-sitting et les extra’s en crèche, c’est bien mais la sauce, on en veut toujours plus.
Sans jeu de mot. Huhu.

Je passe sur l’attente qui suit l’envoi du CV, sur le premier rdv avec ma future chef le lundi qui suit, tatatatatata.
Ça se passe bien, le courant passe, la girly touch fait son effet.
Bref : ça s’annonce bien. Il ne me reste plus qu’à attendre jusqu’à mercredi qu’on statue sur mon sort.
Prise ou pas je serai fixée ce mercredi 4 novembre.
En bonne fille motivée que je suis, je me lève à l’heure d’ouverture du bureau et j’attends.
J’attends toute la journée.
Je garde mon portable près de moi.
Je vérifie si la sonnerie marche bien.
Je m’énerve.
Je vérifie avoir donné le bon numéro sur mon CV.
Quand on dit quelque chose, on s’y tient!
Bref, je m’enfonce dans une parano digne d’une série B mais toujours rien.
Non, je ne suis pas névrosée!
A 17h, résignée, j’entame une poupée vaudou, maudis la terre entière, prends en verre de lait et je vais me coucher.

Le jeudi, désabusée, je me peigne avec les doigts, enfile mes chaussettes moutarde et vais bosser à la crèche la mort dans l’âme.
Non, je n’exagère pas. J’ai un petit cœur de beurre moi.
Puis à 16h45 le jeudi : miracle!
Bon, je suis dans la rue, il pleut, je manque d’assommer un petit vieux en sortant mon portable du fin fond de mon sac, le vent me renvoie mes cheveux dans l’œil et ça gâte un peu ma joie mais tant pis! C’est ma future chef !
Premier faux espoir : on te rappelle oui, mais tu dois rencontrer la chef-chef de service.
Soit.
C’est à toi de la rapeller.
Ok.
Il est 16h55.
Oh non*
A prononcer « Ow Now »

Evidemment, tu as beau prier avant d’essayer d’appeler ta chef-chef, elle est déjà partie.
Pas grave, tu réessaieras demain.

Il se trouve que vendredi,  le lendemain, tu travailles encore à la crèche et que c’est tant mieux.
Tu prends la résolution de te lever tôt pour appeler tôt et sur le coup, ça te semble tellement une bonne idée que tu ne penses pas que ça pourrait capoter.

9h : Tuuuuut, tuuuuut
Heure d’ouverture, j’ai peut-être été trop enthousiaste.
Je vais leur laisser le temps de s’installer.

9h30 : Tuuuuut, tuuuuut
Des bouchons sur les routes?

10h : Tuuuuut, tuuuuut
Nan mais ok, elles sont débordées, après tout c’est pour ça que je postule.

11h : Tuuuuut, tuuuuut
C’est pas un peu du foutage de gueule?

11h30 (soit juste avant de prendre mon bus) : Allô?
Alleluia! je manque de raccrocher presque par réflexe.
Cependant, il se trouve que chef-chef est en réunion…
Pourriez-vous rappeler dans 1/2 heure?
A ce moment précis, j’ai failli éclater d’un rire dément qui m’aurait assurémment zappé toute chance d’embauche.
Mais je ne ris pas finalement, je répond par l’affirmative, tout simplement.

Je prend le bus et arrive sur mon lieu de travail (soit très précisément 1/2 heure plus tard).
Avant de rentrer, comme j’ai encore du temps devant moi, 12h, je téléphone : Tuuuuut, tuuuuut
..
Non mais c’est mal me connaître mon chou.
Je laisse sonner jusqu’à ce que mort s’en suive.
Je tombe finalement sur quelqu’un à 12h16, après 16 minutes de torture mentale.
Tiens… La secrétaire semble crispée au téléphone…
Mais ce n’est pas encore le moment, les planètes ne doivent pas être bien alignées : chef-chef est toujours en réunion.
Mais de quoi ça discute b***?!

vogonH2G2

Tant pis, je réessaierai plus tard.
Je prend un sourire crispé de circonstance et prend mon job.
Comme s’ils le sentaient, les petits sont insupportables.

15h30, parce qu’à 16h, ça sera trop tard, je fais un dernier essai.
Comme une ivrogne notoire, je me promet que ce sera le dernier de la journée,
mais je sais que je me mens…
Allô?
Yes! Je dois lui paraître débordante d’enthousiaste à la chef-chef tellement je suis contente de l’avoir!
Je me raccroche à son rdv comme un naufragé à une bouée.
La date tombe : 10 novembre.
Je suis une femme heureuse.

Je découvre un peu le bâtiment, monte des escaliers, emprunte des couloirs, blabla.
Le rdv se passe bien, je suis cuisinée mais j’aime ça.
Sans jeu de mot toujours. Huhu.
Je m’attend à enfin signer le contrat tant attendu quand soudain…
« Eh bien, il ne vous reste plus qu’à recontacter madame chef pour qu’elle vous explique la suite ».
Sûre et certaine que mes dents ont grincé…
De toute façon, c’était ça ou fondre en larme.

Evidemment, il est 16h03, madame Chef n’est plus là.
Ce n’est qu’à ce moment-là, qu’avec horreur et stupéfaction, je me rend compte que demain c’est… le 11 novembre.

achmed
Niahaaahaaaahaaaahaaaah!

Comment les alliés ont-ils pu me faire ça?
Quand est ce que je vais enfin pouvoir bosser?
C’est une expérience pour voir combien de temps je peux tenir?
Je suis tombée sur un nid de Vogons?
Bref, je fête l’armistice avec du riz blanc et un crouton de pain.
Mais oui, j’exagère maman!

Jeudi 12 novembre : Allô? Non madame chef n’est pas là, elle est en congé.
Mouahahahahahahahhaahahahahah
*Bave*
Mouahahahahahahahhaahahahahah

Vendredi 13 novembre, mais sans conviction, je sens venir le truc gros comme une maison.
Allô? Non madame chef n’est pas là, elle est en congé.
Re-Mouahahahahahahahhaahahahahah
Re-*Bave*
Re-Mouahahahahahahahhaahahahahah
Ok.
Laissez-lui un message de ma part.

A suivre…

Une réponse à “Globalement inoffensive (Vol.1)”

  1. [...] article étant dans la même veine que celui-ci et celui-là, je vous en recommande chaudement la lecture. Vogon : Incroyablement laids, les [...]

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