Enfin!
Après une année entière d’une vertueuse patience : le jour frabieux est arrivé!
Au premier abord, le film est assez totalement perturbant, déroutant.
Premièrement, c’est un Disney.
Par rapport au denier Burton en date (Sweeney Todd) c’est un virage à 180° d’un Londres gris sale et industrialisé vers les chatoyants paysages turquoises du jardin d’Underland.
Deuxièmement, pour les inconditionnels d’Alice, ce n’est ni une adaptation du roman d’Alice au pays des merveilles, ni de L’autre côté du miroir, ni du dessin-animé Disney de 1951 (et oui, déjà).
Mais d’un peu tout à la fois…
La totalité du casting est tellement énorme que cela se passerait presque de commentaires.
Tout d’abord, l’inénarrable chapelier, Johnny Depp qui signe sa 7ème collaboration avec Tim Burton. Méconnaissable comme à son habitude et potentiellement dérangé. Exceptionnellement juste, encore une fois, malgré un petit côté légèrement flippant.
Je lui trouve même un petit air de Christopher Walken dans Sleepy Hollow…
Helena Bonham Carter en est, elle, à la 6ème collaboration avec son mari. Excellentissime dans le rôle de la reine rouge qui lui offre un rôle tout à sa démesure.
Il me faudrait quand-même parler d’Alice! Mia Wasikowska qui fut une très bonne surprise dans ce film. Je l’avais trouvé un peu fade sur les extraits choisis pour les bande-annonce mais ce ne fut finalement qu’une fausse impression. Touchante et grave, elle a en effet tout de la véritable Alice.
Mentions spéciales pour Anne Hathaway (la reine blanche) et Matt Lucas (Tweedledee / Tweedledum). D’une part, je trouve particulièrement savoureux de voir la première se « moquer » du rôle de gentille princesse qu’elle a à plusieurs fois repris pour Disney (princesse malgré elle 1 et 2) et d’autre part, elle arrive à en faire un personnage attachant malgré la caricature.
Ensuite, les génialissimes Tweedle (que j’ai beaucoup vu traduit par Bonnet blanc et Blanc bonnet dans les magazines et sur le net, erk!) qui sont certainement mes deux personnages préférés du film.
Enfin, de très très bons seconds rôles comme Crispin Glover, le valet de cœur, qui a du se balader avec des échasses pour les besoins du film et, bien entendu, tous les personnages virtuels comme le frappé lièvre de mars, le touffu chat du Cheshire, Absolem (la chenille), le vindicatif loir, le lapin blanc,…
Les effets spéciaux sont époustouflants de discrétion. Qui n’a pas cru à l’énorme tête de la reine de cœur? Qui n’a pas été émerveillé par les fabuleux décors de ce wonderland? Qui n’a pas frémi au passage du Bandersnatch? Qui a douté qu’Alice avait rétréci au point de se cacher dans une théière? Qui n’a pas souhaiter enfouir ses doigts dans le pelage du chat du Cheshire?
Personne!
C’est à cela qu’on reconnaît, à mon sens, les bons effets spéciaux : il s’efface devant le spectacle du film.
Tout était parfait : les couleurs acidulées, le rendu des matières et l’intégration des personnages fictifs.
Mention spéciale, encore une, au design des cartes à jouer, sbires de la reine rouge et aux palais des deux sœurs Mirana et Iracebeth.
Évidemment, une musique envoutante signée Danny Elfman, propre à nous emmener loin, loin, loin dans notre imaginaire…
Enfin, l’histoire est d’une vraie beauté. Un merveilleux contes (pour grands et petits enfants) dont la fin aura certainement fait regretté à certain moi de ne pas avoir emporter un paquet de mouchoirs.
Je ne peux que vous conseiller d’aller le voir dans les plus brefs délais!
Je vous conseille vivement de l’apprécier en VO (comme toujours) et de vous laisser séduire par la 3D si vous êtes amateur.
Anecdotes :
- Est ce moi ou le premier plan, dès l’entrée d’Alice dans Underworld a été emprunté au Disney de 1951? Je veux bien sûr parlé du plan où un cheval à bascule ailé se dispute avec une libellule.
- Si vous êtes attentifs, vous repérerez surement l’arbre du cavalier sans tête de Sleepy Hollow.
- Vous vous êtes déjà demandé ce qu’était le papier sur le chapeau du chapelier? (appelé d’ailleurs Tarrant dans le film…). Il s’agit du prix du dit chapeau! 10 shillings et 6 pences.
- Une bonne partie du casting d’Alice s’était déjà rencontré dans la saga Harry Potter : Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange/La reine rouge), Alan Rickman (Rogue/la chenille Absolem), Timothy Spall (Pettigrow/Le chien Bayard), Imelda Staunton (Dolorès Ombrage/Le visage des fleurs) et Frances de la Tour (madame Maxine/Tante Imogène) !
- Vous connaîtrez le vrai nom du pays des merveilles : Underland et non pas Wonderland.
- Si Alan Rickman se cache derrière Absolem, la chenille et Timothy Spall derrière Bayard, c’est Christopher Lee (Saroumane, Lord of the rings) que l’on retrouve derrière le Jabberwocky, Michael Sheen (Aro, Twilight) derrière le lapin blanc, Stephen Fry (Oscar Wilde, V pour Vendetta) derrière le chat du Cheshire et Michael Gough (l’inoubliable Alfred de la série des Batman que Tim a réussi à sortir une fois de plus de sa retraite!) pour le dodo.
JABBERWOCKY by Lewis Carroll
’twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.
« Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jujub bird, and shun
The frumious Bandersnatch! »
He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought–
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.
And as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!
One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.
« And has thou slain the Jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O frabjous day! Calloh! Callay! »
He chortled in his joy.
’twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.




une tasse de thé très chère?
Une demi-tasse pour moi