C’est l’heure où le long crocodile
Languissamment s’étire et bâille
Et fait glisser les eaux du Nil
Sur l’armure de ses écailles

L’eau du Nil, l’eau du Nil
Il ouvre gaiement sa gueule mutine
Et sort une griffe ainsi qu’un gros chat
Avale trois poissons qui passaient par là
Et va digérer sur l’onde opaline


Cliché d’un inconnu que j’aimerais identifier…

Des archéologues découvrent un mini Stonehenge

Des archéologues ont découvert un mini Stonehenge en Angleterre, à seulement deux kilomètres du célèbre site. Les experts de l’université de Sheffield parlent du « Bluehenge », car les pierres du site présentent une teinte bleuâtre.

Du sentier originel, composé de 27 monolithes, ne demeurent désormais plus que les cavités. Le site a été mis au jour durant l’été. Il aurait été construit il y a 5.000 ans, plus ou moins au même moment que Stonehenge. Le professeur Mike Parker Pearson de l’université de Sheffield estime que le lieu servait à la tenue de rituels sur la vie et la mort. Stonehenge figure sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco. Le site accueille de très nombreux touristes, attirés notamment pas le caractère mystique de l’endroit. (HIE)

Source : ici

Dans la mythologie grecque, Mnémosyne est la déesse de la Mémoire.
Elle est fille d’Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre) ou, parfois, de Zeus et de la néréide Clymène.
Ses filles sont les célèbres neuf (ou sept) Muses.
Mais Mnémosyne, c’est aussi l’occasion pour moi de vous parler d’iconologie et il se trouve que les images, j’adore ça.

Aby Warburg (1866-1929)
Personnalité insaisissable et insolite au destin tragique, il fut longtemps oublié au profit de son élève Panofsky (le fondateur de l’iconologie critique).
Il s’oppose au formalisme de l’époque et invite à penser à l’œuvre dans ses formes, y trouver son sens mais aussi sa fonction.
L’image ne se définit plus seulement par ses qualités formelles mais devient porteuse d’un bagage culturel, inspirée d’une quantité d’autres images diverses et variées mais aussi de sources textuelles.
Warburg s’intéresse à toutes ces sources, ce qui donne une infinité de référents (ce qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’érudition des humanistes Renaissants) apparaissant en filigrane sous l’image .
L’œuvre d’art devient un témoin de son époque, plus qu’une simple toile.

Son œuvre à lui, l’œuvre de sa vie, c’est sa bibliothèque.
Aîné de 6 enfants, il cède sa part de l’héritage légué par ses parents, de riches banquiers juifs, à ses frères à condition qu’ils achètent tous les livres dont il aurait besoin.
Commencée en 1886, elle compte, à sa mort en 1929, près de 65 000 volumes.
Pour lui, sa bibliothèque est le signe d’un savoir en mouvement. Son agencement varie selon les travaux en cours, en fonction de son système de pensée et de ses intérêts du moment.

Mnémosyne
Sa démarche est comparatiste. Warburg voyage à travers l’espace, le temps mais aussi les savoirs et les objets culturels.
Mnémosyne, c’est un « atlas iconographique ». Sans texte mais conçu pour fonctionner par comparaison selon le principe d’intuition.

Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelle
une pomme pose
Face à face avec elle
un peintre de la réalité
essaie vainement de peindre
la pomme telle qu’elle est
mais
elle ne se laisse pas faire
la pomme
elle a son mot à dire
et plusieurs tours dans son sac de pomme
la pomme
et la voilà qui tourne
dans une assiette réelle
sournoisement sur elle-même
doucement sans bouger
et comme un duc de Guise qui se déguise en bec de gaz
parce qu’on veut malgré lui lui tirer le portrait
la pomme se déguise en beau bruit déguisé
et c’est alors
que le peintre de la réalité
commence à réaliser
que toutes les apparences de la pomme sont contre lui
et
comme le malheureux indigent
comme le pauvre nécessiteux qui se trouve soudain à la merci de n’importe quelle association bienfaisante et charitable et redoutable de bienfaisance de charité et de redoutabilité
le malheureux peintre de la réalité
se trouve soudain alors être la triste proie
d’une innombrable foule d’associations d’idées
Et la pomme en tournant évoque le pommier
le Paradis terrestre et Ève et puis Adam
l’arrosoir l’espalier Parmentier l’escalier
le Canada les Hespérides la Normandie la Reinette et l’Api
le serpent du Jeu de Paume le serment du Jus de Pomme
et le péché originel
et les origines de l’art
et la Suisse avec Guillaume Tell
et même Isaac Newton
plusieurs fois primé à l’Exposition de la Gravitation Universelle
et le peintre étourdi perd de vue son modèle
et s’endort
C’est alors que Picasso
qui passait par là comme il passe partout
chaque jour comme chez lui
voit la pomme et l’assiette et le peintre endormi
Quelle idée de peindre une pomme
dit Picasso
et Picasso mange la pomme
et la pomme lui dit Merci
et Picasso casse l’assiette
et s’en va en souriant
et le peintre arraché à ses songes
comme une dent
se retrouve tout seul devant sa toile inachevée
avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
les terrifiants pépins de la réalité.

Jacques Prévert, Paroles

 

pomme

Ceci n’est pas une pomme ^^

S’il y a bien un truc -le truc- qu’on vous répétera encore et toujours et abondamment quand vous commencerez des études en histoire de l’art c’est ceci : « Ne dites pas que ceci est moche, parce que de toute façon, la beauté c’est subjectif ».

Tout à fait d’accord, à 100%,… Dans la théorie, pas de problème… C’est grand, puissant, impartial, tout ce qu’on veut. Le soucis c’est qu’après, on vous montre ça :

800px-Sandro_Botticelli_046

La Naissance de Vénus, Sandro Botticelli, 1485.

dada

ABCD, Raoul Hausmann, 1923-1924.

carré blanc

Carré blanc sur fond blanc, Kasimir Malevitch, 1918.

Je veux bien être objective, je veux bien ouvrir de grands yeux émerveillés devant un Pollock ou un Tsara. Mais qu’on ne me fasse pas dire que c’est la même chose! Il y a quand-même mille et unes petites choses qui feront qu’un tableau contemporain/moderne/post-contemporain/autres n’atteindra pas, pour moi, la beauté d’un tableau Renaissant.

Il y a : la patte de l’artiste.

          la pâte de l’oeuvre.

          personnellement, j’aime y trouver des allégories, une petite iconographie/iconologie cachée. Quelque chose à décrypter.

          le travail du modelé, des couleurs,…

          les beaux Apollons et les belles Vénus

          …

Non pas que les oeuvres contemporaines ne soient pas recherchées et, elles sont d’ailleurs souvent trop tarabiscotées, ce qui peut nuire au message et à sa transmission. Parce que, quand on l’audace de cracher sur une élite des arts (dada) ou quand on veut le rendre plus populaire (pop art), le minimum, il me semble, c’est de rendre cette mini-révolution accessible au public opprimé qu’on veut défendre!

Le néophyte se moque de l’art moderne et le laisse bien volontiers aux critiques, historiens d’art ou au juteux marché alors que le but originel est pourtant bien de « désacraliser » l’oeuvre d’art. Finalement, on en reste au stade de petit jeu intellectuel entre personnes initiées et c’est bien dommage.

Tout le monde vous dira que « l’art moderne ça se résume à deux trois trucs moches (genre assembler une pelle avec un ballon de baudruche) pour se faire du blé ». Non, ces toiles ne sont pas moches, elles ne sont pas belles non plus. Je dirais qu’elles sont conceptuelles.

Da Vinci - La joconde

La Joconde, Monna Lisa  (1506 et 1509) par Léonardo di Ser Piero da Vinci (Léonard de Vinci)

Le titre du tableau vient probablement du patronyme du sujet – « del Giocondo » – mais peut également être attribué à l’attitude de la femme représentée. Il est aussi appelé « Monna Lisa » ou sa déformation plus courante « Mona Lisa », une contraction de « ma donna Lisa » qu’on peut traduire par « madame Lisa ».(wikipédia)

 

La Joconde telle qu'aux premiers jours

Lisa Maria Gherardini comme aux premiers jours

 

2 hyptothèses :

- Selon l’hypothèse admise depuis Vasari, le modèle s’appellerait Lisa Gherardini qui épousa, à 16 ans, Francesco di Bartolomeo del Giocondo. En 1503, celui-ci cherche un peintre pour réaliser le portrait de son épouse. Il se tourne vers Léonard de Vinci. Lisa Gherardini était âgée de 24 ans, et Léonard de 51 ans au moment où il commença son tableau. (wikipédia)

Cette hypothèse semble parfaitement convaincante et indémontable puisqu’elle est attestée par Vasari dans son oeuvre :  Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes qui regroupe les biographies des plus grands artistes renaissants. Cependant, on oublie trop souvent les intentions de l’auteur de cet ouvrage. Même s’il regorge de points historiques intéressants pour les historiens de l’art, ce livre est aussi parsemé d’anecdotes pseudo-historiques. L’intention de Vasari de faire décourvir, via la biographie des  artistes, le génie qui sommeille en eux pousse parfois à l’interpretation, l’ « enjolivement » et à l’invention (le mot est jeté) de certaines anecdotes…

Ainsi, on pourrait penser que cela ait pu paraître croustillant d’intercaller dans la vie de Da Vinci, une histoire d’amour compliquée avec son modèle. Ce qui ajouterait un peu de sel dans son image d’artiste de génie passioné.

- D’autres font l’hypothèse que le tableau soit un autoportrait du maître lui-même, cfr les autoportraits présents dans ses carnets de croquis. Mais là encore, je pense qu’il faut être prudent… Il faut bien avouer qu’on a une forte tendance à voir ce que l’on veut voir.

- Certains pensent même que le mot Joconde vient de l’ Italien, « giocondo »; heureux, serein. Et que la peinture représente non pas une femme mais surtout le portrait d’une expression. La Joconde constituerait donc plutôt le portrait de l’idée de sérénité.

 

Le symbole :

« Ne vois-tu pas que parmi les beautés humaines, c’est le beau visage qui arrête les passants, et non les ornements riches… ». Da Vinci.

- Acquis par François Ier, soit directement auprès de Léonard de Vinci, soit à sa mort, auprès de ses héritiers, le tableau séjournera dans les collections royales jusqu’à la création du Museum Central des Arts au Louvre en 1793.

- Il sera conservé à Versailles sous Louis XIV et aux Tuileries durant le Premier Empire. Il intègrera le Louvre sous la Restauration.

- Le 21 août 1911, un peintre italien du nom de Vincenzo Peruggia dérobera la Joconde afin de la restituer à son pays d’origine. La longue enquête policière, relayée par la presse du monde entier, envisagera toutes les pistes et interrogera tout le monde, y compris les peintres cubistes et le poète Guillaume Apollinaire, qui avait un jour crié qu’il fallait « brûler le Louvre ». Mona Lisa sera retrouvée en Italie presque deux années plus tard.

- Exposée aux Etats-Unis, en 1963, et au Japon, en 1974, la Joconde est aujourd’hui l’oeuvre la plus célèbre et la plus reproduite au monde. (wikipédia)

 

Source d’inspiration pour les uns :

joco12

Corot,La femme à la perle, 1796-1875

 

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Léger, La Joconde aux clés, 1930

 

« Jocondoclasme » pour les autres :

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Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q. (1919)

 

Dali en jonconde

Salvador Dali, Autoportrait en Mona Lisa (1954)

 

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Andy Warhol, Mona Lisa, 1963 

« 100 Mona Lisa valent mieux qu’une ». (Andy Warhol)

 

Magritte

René Magritte, la Joconde (?)

Monna Lisa, un paradoxe jusqu’à la fin :

SalleJoconde1

Attention à vous car malgré que la belle soit l’image la plus reproduite au monde, malheur à vous si vous sortez votre appareil photo pour la prendre en cliché !Il est tout à fait interdit de se balader avec un appareil à moins de 5m de la salle où elle trône.

Et elle y trône comme une reine, car malgré les très beau tableaux qui couvrent les murs de la salle et qui sont, pour la plupart, 2 ou 3 fois plus grand que celui-là, tous les yeux se tournent vers elle.

Je serais surement étonnée de connaître le nombre de personnes qui se sont, ne serait-ce qu’apperçu, qu’il y avait d’autres oeuvres dans cette salle…

Et puis combien de personne vont au Louvre pour « faire la Joconde » ?

Après les commentaires qui ont suivi mon dernier article, je me suis dit que ca serait intérressant de faire un petit topo chez les messieurs.

Du côté des hommes :

La préhistoire :

Hé oui! les représentations masculines sont excessivement rares. On trouve de rares exceptions dans les grottes mais l’homme est toujours très stylisé.

 

Egypte ancienne :

Grande variété de style dans la représentation des pharaons (futur article en perspective?) .

XXXIIe siècle ACN

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Palette de Narmer, période de Nagada III

XVIIIe dynastie, dès 1458/7 ACN

Touthmosis III (1490-39 BC)

Thoutmosis III

XVIIIe dynastie, 1355/3 à 1338/7 ACN

Akhenaton

Akhénaton

Grèce, époque archaïque 540-515 ACN

kouros kroisos

Kouros Grec

IVe siècle ACN

Apollon du belvédère

Apollon du Belvédère, copie romaine d’un original de Léocharès

320 ACN

Lysippe - Hercule Farnèse

Hercule Farnèse, d’après un original de Lysippe

XIIIe siècle PCN 

saint michel terassant le dragon

Saint Michel terrassant le dragon

Et une floppée de petits et grands Jésus, saints,…

Entre 1501 et 1504 PCN

David de Michel-Ange

David de Michel-Ange

1701 PCN

Louis XIV

Louis XIV, Hyacinthe Rigaud

1937 PCN

La Metamorphose de Narcisse

La métamorphose de Narcisse, Dali

A travers les âges, un petit aperçu de la beauté à travers les années, les siècles, les millénaires,…

Du côté des dames :

Au paléolithique supérieur (35 000- 10 000 ans ACN) :

Vénus de Willendorf 

La Vénus de Willendorf

Venus de Brassempouy

La Dame de Brassempouy ou Dame à la Capuche

Les goûts varient, je vous l’accord. J’ajouterai quand-même qu’on a pas le corps de la belle dame à la capuche!

 

Plus ou moins 1330 ACN :

le buste de Nefertiti

Le buste de Nefertiti, appelé aussi buste de Berlin

Vers 640-630 ACN, en Crète :

la dame d'Auxerre

La dame d’Auxerre

510 ACN:

Kore à la grenade

La kore à la grenade

V-VIe siècles ACN :

Callimaque - Vénus Génitrix

Vénus genitrix

Fin du IVe siècle ou du début du IIIe siècle ACN :

Victoire de Samothrace

La victoire de Samothrace

1er siècle PCN :

Fresque Pompéi

Portrait de jeune fille, dit « de Sappho », Pompéi.

1420 PCN

vierge a l'enfant

Vierge à l’enfant

Et toutes une séries d’autres madones…

XVe siècle PCN :

la dame a la licorne

La dame à la licorne

Entre 1503 et 1506 PCN :

Da Vinci - La joconde

La joconde

Entre 1623 et 1625 PCN :

Le Bernin - Apollon et Daphné

Apollon et Daphné, Le Bernin

1664 PCN :

La jeune fille a la perle

La jeune fille à la perle, Vermeer

1907 PCN :

Picasso - Les demoiselles d'Avignon

Les demoiselles d’Avignon

1967 PCN :

Andy Warhol - les 10 Marilyn (1967) 

Les 10 Marilyn, Andy Warhol

A méditer…

Un mot sur le titre de cette nouvelle rubrique.

« Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier » est un ouvrage de Wassily Kandinsky qui paraît fin 1911.

Il expose dans ce traité sa vision personnelle de l’art dont la véritable mission est d’ordre spirituel, ainsi que sa théorie de l’effet psychologique des couleurs sur l’âme humaine et leur sonorité intérieure. Ces écrits de Kandinsky servent à la fois de défense et de promotion de l’art abstrait, ainsi que de démonstration que toute forme d’art authentique était également capable d’atteindre une certaine profondeur spirituelle. Il pense que la couleur peut être utilisée dans la peinture comme une réalité autonome et indépendante de la description visuelle d’un objet ou d’une autre forme.

(wikipédia)

Blue

Blue

Composizione VIII

Composition VIII

J’ajouterai que c’est un de mes peintres préférés…