Je fêtais une nouvelle et dernière fois mon anniversaire ce 20 décembre dernier.
Et ne poste que maintenant car, oui, je bosse de temps en temps
Et je le fêtais à l’opéra!

Dans la mythologie slave, Une rusalka est une créature des eaux. Plus ondine que sirène, elle apparaît soit comme une jeune femme morte noyée et vengeresse, soit comme une vierge des eaux éplorée, à mettre en relation avec la petite sirène d’Hans Christian Andersen.
En bref, c’était fait pour me plaire!
Rusalka, une histoire de petite sirène. Ou pas

Alors évidemment, malgré les 3°C de notre Belgique nationale, je m’habille d’une robe noire scandaleuse et au dos entièrement ouvert (gla gla gla).
Arrivés une heure plus tôt avec l’homme de ma vie, nous assistons à une mini-présentation de l’opéra par une dame aussi charmante que guindée qui tente de nous introduire à la mise en scène moderne de Stefan Herheim.
Moderne, c’est le mot.
Ma gracieuse sirène se transforme en prostituée, la sorcière des mers en sdf, le roi des mers en cadre déprimé,…
Bref.
A cet instant très précis j’ai à la fois des envie de meurtre, de fuite et de pleurs.
L’entrée dans ma loge (héééé oui ^^) me déride un peu, j’adore jouer les princesses et le cadre s’y prete merveilleusement bien.

Un décor époustouflant, magnifique, troublant et… changeant!
La bouche de métro se comble d’une enseigne de fleuriste en 3 secondes, les immeubles se changent en miroir, une plaque d’égout sort de terre pour devenir kiosque ou table basse selon l’humeur, enseignes changeante, rosace d’église tournoyante et j’en passe.
Des effets d’eau terribles, à la fois pluie et aquarium géant…
Une musique envoutante que dirige brillament Adam Fischer, le chef d’orchestre Hongrois.
Beaucoup de mes a priori sont tombés dans cette version presque “glam rock” de l’opéra.
On rit beaucoup grâce aux clins d’œil humoristiques (subtiles et moins subtiles) du metteur en scène : hippie motivé, nonnettes/succubes, carnaval de monstres marins à même le parterre, avalanche de confettis rouges (gardé en souvenir dans mon sac), intrusion des acteurs dans les cintres,…
On reste sans voix (contrairement aux chanteuses, wouah!) face aux “effets spéciaux” : descente de Rusalka du plafond sur un croissant de lune, plongeon dans les fonds marins, explosion de verres,…
Et on pleure aussi. Fatalement.
De toute façon, je déteste les histoires qui finissent bien.
Du grand spectacle qui me forcerait presque à inciter tout le monde à s’y essayer!
(Va… Va…)
Rusalka, conte lyrique en trois actes de Antonin Dvorak, livret de Jaroslav Kvapil, orchestre symphonique et chœur de La Monnaie, direction Adam Fischer, mise en scène Stefan Herheim, décors Heike Scheele, costumes Gesine Völlm, lumières Wolfgang Göbbel, vidéo fettFilm Berlin. Avec Olga Guryakova (en alternance avec Michaela Kaune), Burkhard Fritz (en alternance avec Luvovit Ludha), Stephanie Friede (en alternance avec Anda-Louise Bogza, Willard White (en alternance avec Frode Olsen), Doris Soffel (en alternance avec Livia Budai), Julian Hubbard, Olesya Golovneva, YoungHee Kim, Nona Javakhidze, André Grégoire, Marc Coulon
J’ai trouvé de chouettes critiques (avec de belles photos) ici et ici
|
Livret original (tchèque)
|
Traduction française
|
- Mĕsíčku na nebi hlubokém,
- Svĕtlo tvé daleko vidi,
- Po svĕtĕ bloudíš širokém,
- Díváš se příbytky lidí,
- Mĕsíčku postůj chvíli,
- Řekni mi, kde je můj milý ?
- Řekni mu, stříbrný mĕsíčku,
- Mé že jej objímá rámě,
- Aby si alespoň chviličku,
- Vzpomenul ve snĕní na mne,
- Zasvět’ mu do daleka, zasvět’ mu,
- Řekni mu, řekni, kdo tu naň čeká,
- O mněli duše lidská sní,
- At’ se tou vzpomínkou vzbudíl,
- Mĕsíčku, nezhasni, nezhasni,
- Mĕsíčku, nezhasni, nezhasni,
|
- Petite lune si haute dans le ciel,
- Ta lumière transperce le lointain,
- Tu vas de par le vaste monde,
- Tu vas jusque chez les humains.
- Arrête-toi un instant,
- Dis-moi, où est mon amour ?
- Dis-lui, lune argentée,
- Que pour moi tu l’entoures de tes bras,
- Tu luis pour qu’au moins un instant,
- Il se souvienne de moi en songe.
- Et dis-lui que je l’attends,
- Éclaire- le là-bas, très loin,
- Et si j’apparais en songe à cette âme humaine,
- Fasse qu’elle s’éveille avec ce souvenir,
- Lune, ne te cache pas, ne te cache pas,
- Lune, ne te cache pas !
|