Anniversaire : Un anniversaire est la date dans l’année à laquelle un événement est survenu, habituellement une naissance.
22.
Le chiffre aurait dû me plaire, c’est quand-même deux fois 11.
Et pourtant…
Ce soir, je suis tombée sur un blog qui m’a émue.
Ironie du sort, en voulant connaître le nombre de calories caché dans un de mes cadeaux d’anniversaire,
j’atterris par hasard sur le journal d’une boulimique.
Cette inconnue me terrifie…
Comment ses proches font-ils pour ignorer sa souffrance?
Pourquoi est ce que personne ne la comprend?
Pourquoi personne ne l’écoute?
Pourquoi personne n’essaie?
Pourquoi n’y a-t-il pas plus de mains qui se tendent vers elle?
Les gens sont-ils aveugles?
Pourquoi passent-ils sur cet appel à l’aide?
Mais pourquoi est ce que tout le monde fait comme si ce n’était pas grave?
Je n’ai pas sa mortelle angoisse de la nourriture, mais la peur du vide… Je connais.
22 ans.
Ai-je été plus heureuse que malheureuse?
Est ce que j’ai cherché les problèmes? le conflit? les regrets?
Est ce que je m’interdis de voir le verre à moitié plein?
Est ce que je pense mériter ce qu’il m’arrive?
N’apprécie-t-on de moi que ce que je « fabrique » pour plaire?
Est ce qu’on aimerait mon vrai moi?
Qui est mon vrai moi?
J’ai l’impression d’être en pleine crise d’ado! Il est temps que ça cesse…
Je relis mon petit livre perso, ma ligne du temps à moi et ça ne me plait pas.
Au début, j’ai préféré la mutilation à la parole.
Je ne suis pourtant pas maso, malgré ce que j’aimerais croire parfois, je n’y retire aucun plaisir.
Ce que j’aurais aimé c’est d’être prise en flag’, qu’on voie les marques, le sang, les griffures, les bleus…
Qu’on crie, qu’on pleure, qu’on m’engueule et puis enfin qu’on me parle, qu’on me demande pourquoi.
Aurais-je osé souhaiter qu’on me câline et qu’on me console?
Peu importe.
Ça n’a pas marché.
J’aurais pu continuer jusqu’à un point de non-retour.
Aujourd’hui encore, l’idée ne m’émeut pas plus que ça, mais le but n’était pas là.
J’ai dû me résigner à essayer autre chose.
Alors, après, il y a eu la nourriture. Beaucoup de nourriture. Décidément trop de nourriture.
De la bouffe par sac, par kilos, à en avoir la nausée, à en vouloir la nausée!
Là encore, à part des commentaires désobligeants : nada, rien, le vide.
Quoique je ne suis pas honnête. J’aurais peut-être préféré le vide à l’humiliation, aux moqueries et aux ricanements.
En tout cas, personne ne m’a demandé pourquoi.
Jusqu’au jour où c’est arrivé.
Une personne, la personne.
Hélas, c’est pire.
Je débloque, je cale, je fais l’huître, je gueule, je pleure, je ris, je mens, j’accepte de parler puis nie tout en bloc le lendemain, je me contredis, je fais passer la vérité pour des mensonges, je l’éloigne, je le retiens, je m’enlise, je m’y perd, je ne sais plus.
Ce que je sais, c’est que finalement mon poids s’avère être un problème.
Je me mets au sport, je mange moins, encore un peu moins, et je diminue encore,…
Je me sens à nouveau glisser sur une autre pente glissante.
Je ne trouve pas le juste milieu avec moi-même.
Je suis mon propre Sisyphe.
Incapable d’assumer « être bien » de peur qu’on ne s’occupe plus de moi.
Les sourires de façade sont-ils si convaincants?
La comédie est-elle si crédible?
Les mensonges sont-ils donc plus digestes?
Serait-ce donc là le triomphe de l’hypocrisie?
…
Des clous.
Des clous les gens, des clous la balance, des clous mon instabilité, des clous ma mélancolie, des clous le vide.
DES CLOUS!
Je veux remplir ma coquille de noix des souvenirs heureux que je vais créer à partir de maintenant.
Je veux la remplir de la folie de mes copines, de la tendresse de mon chéri, du rire de mes proches.
Je ne peux pas oublier le vide d’avant, la tristesse, la solitude,…
Mais je peux le meubler, le décorer, le repeindre, y mettre des figurines en FIMO dans une table basse et le sous-louer aux personnes que j’apprécie.
La pièce sera toujours la-même mais elle sera méconnaissable, transformée.
Le vide avec une table de chevet, ce n’est plus vraiment du vide, non?
Une nouvelle année pour essayer d’être mieux.
Je ne veux plus être triste.
Je n’essaierai plus de me faire entendre par ceux qui ne veulent pas m’écouter.
C’en est fini de la rancœur, tant pis pour eux.
Ils y perdront au change, je peux être vraiment drôle comme fille quand je m’en donne la peine.
J’écouterai mes amis à la place des parasites.
Je continuerai de créer, de faire ce que j’aime.
Je réussirai, je chanterai, je danserai.
Attention à ceux qui resteraient en arrière car je vais commencer à avancer, je vais courir loin devant et je ne me retournerai pas.
