Déjà en rentrant de la première journée, fourbue et pleine de courbatures, je remarque un énorme coup de soleil au bas de mon dos (l’endroit où se soulève le T-shirt quand on se baisse)… Mon sens de l’éthique et le fit d’avoir connu les terreurs nocturnes quand j’étais enfant m’empêche de vous montrer cette horreur. Mon chéri fort attentionné impressionné par la taille de la chose va même m’acheter de la crème anti-brulure. La dite crème fondera instantanément après avoir touché ma peau mais à ce stade là, je ne m’inquiète pas encore…

Jour 2 : mardi c’est rebelote
Nous n’oublions plus rien! Ni l’eau, ni la bouffe, ni la crème solaire…
Crème qui sera bien inutile car nous sommes passé de 30 à 15 et le vent souffle avec une force insoupçonné.
La tortionnaire qui nous surveille nous renvoie dans la boue pour re-drainer le trou, re-nettoyer les cailloux et re-creuser le sol exactement où nous étions la veille!
La pluie a fait ruisseler la boue sur toute la tranchée, tout est à recommencer.

On ne peut pourtant pas dire que cette fouille fut infructueuse!
On a sorti pas mal de matériel pendant ces deux jours:
- Céramique sigillée
- Ossements de bovidés (j’ai d’ailleurs trouvé de fantastiques mâchoires)
_ Dents de bovidés
(Nous fouillions une tannerie)
- Clous et harnachement en tout genre
- Céramique fine noire
- Bouts d’amphore
Et même, les derniers jours :
- Un ardillon de fibule
- Du verre
- Toute une structure de murs avec contreforts et des puits
Je vous link les articles wikipédia pour le vocabulaire qui vous semblerait obscur, hé oui, wikipédia est mon ami.

Mais je me demande si mon dos récupèrera sa courbe normale à force de rester accroupie dans une boue tour à tour collante ou glissante.

De retour à la maison sous un ciel plus que menaçant, nous craignons pour le lendemain.
Mon coup de soleil ne se résorbe toujours pas et me fait un mal atroce.
Il me devient impossible de m’appuyer contre le dossier d’une chaise ou contre celui du siège auto.
Mais on garde sa motivation!

Jour 3 : au sec mais dans la poussière
Heureusement, la chef de chantier nous accordera le grand privilège de laver la maison de fouille et de trier les poteries dans une maison suintant l’humidité et grouillant de bêtes obscures!
Cependant, impossible d’enfiler mon pantacourt…
Mon dos a gonfler pendant la nuit et il est devenu impossible de toucher à mon dos. Je commence tout doucement à douter de ma capacité à mener mon stage à bien. Heureusement mon frère (revenu de Turquie entre temps et se désignant à présent par « le chocolat blanc » ), me prête ce que je pensais ne plus jamais porter de ma vie depuis mes 12 ans : un jogging.

La douleur devient supportable et il devient donc possible de trier des caisses et des caisses de céramique et d’ossements pendant des heures et des heures. On aurait pu rester au sec mais notre chef de chantier meurre d’envie de nous montrer les fondations du castellum. Il pleut des cordes et il fait monstrueusement froid, je prie pour ne pas avoir la crève le lendemain. La chef a finalement pitié de nous et nous renvoie à la maison 1 heure plus tôt en nous disant qu’il fera trop moche demain pour fouiller, c’est congé gratuit!
Alléluia!
Ça nous permettra de soigner les cloches surinfectée qu’on s’est collé un peu partout…

Jour 4 : Rien
Glandouille, dolce vita, farniente,…
Mise à part ce monstrueux coup de soleil qui commence à prendre une texture « peau de crocodile »
La crème ne semble pas apaiser la douleur, le Nurofen non plus,…

Jour 5 : désillusion
Après nous avoir laissé miroiter une deuxième journée de congé, nous sommes rappelée à la tache à 8.40 par un coup de téléphone et un « on fouille? »
Je résisterai toute la journée à cette envie de pleurer et à l’envie non moins irrépressible de m’arracher le bas du dos.
On s’essaie donc au dessin archéologique sous la pluie (avec une bâche transparente sur ma tête), à la fouille sous la pluie et aux photos sous la pluie.
Je reçois le surnom de « miss nettoyage de mur impeccable » et finis la journée sur une note plutôt positive finalement.

Cependant, mon dos commence à adopter une couleur brunâtre de chair brulée et je ne peux plus tenir la position debout ou assise ou même couchée… Oui ça commence VRAIMENT à poser problème.
J’essaie de me traîner sur les côtés mais ça commence à devenir trop pour ma mère et mon chéwi.

Contre mon gré, ma volonté et mon esprit de contradiction, il m’envoie aux urgences à l’hôpital…

To be continued…

Une semaine en stage de fouille archéologique sur le site de Liberchies.
Ça n’a l’air de rien, mais ça donne un petit avant goût de ce que pourrait être l’enfer.

Jour 1 : l’arrivée
Après de scrupuleux préparatifs, j’avais prévu un quart d’heure d’avance pour arriver à trouver le chantier. Largement suffisant pensais-je!
Que voila donc ma surprise quand le bus nous largue (Laeti et moi) en plein milieu de rase campagne (champs à perte de vue, etc.)

Pas de panique! Un plan a été fourni.
Première étape, trouver le château d’eau…
Le chateau d’eau qui se trouve être un point sombre dépassant à peine de l’immensité des champs de blé.
Après avoir accepté le fait qu’on serait en retard, on s’engage à se rapprocher du bâtiment en traversant un bled de campagne incroyablement long et peu engageant.

Arrivées au château, nous respectons scrupuleusement l’itinéraire en tournant à gauche et tentons de trouver 2 fermes jumelles. Commence une loooongue marche sous 30° en plein soleil et sans eau…
A bout de nerf et prise d’une envie plus que pressante, nous nous arrêtons auprès de la seule âme des 10 km alentours.
2m de haut, 1m80 de large, boiteux, l’oeil libidineux et l’air torve.
J’ai l’audace de lui demander si il y a des toilettes dans son espèce d’exploitation agricole.
Le gentil monsieur nous emmène, Tounette et moi, dans un bloc préfabriqué tapissé de poster de dames fort peu vêtues sur la brique nue. Dans le renfoncement d’un mur : « le pot ». Pas de porte, rien.
Je place la pauvre chérie dans l’embrasure de l’endroit où devait se trouver la porte et le brave homme commence à lui faire la conversation : « il fait chauw heiiiiin? »
Affaire finie, nous nous dépêchons de sortir de l’antre du bonhomme pour revenir sur nos pas.

1 heure à tourner en rond… C’est trop! Je m’essaie au stop et arrête la plus improbable des voitures.
Mamy et Papy devait partir en balade. Des vaches avec de grosses têtes garnissent le tableau de bord et un gros Gismow pend au rétro. Mais la carlingue roule et papy nous ramène illico au château d’eau. Nous les remercions chaudement.

Nous prenons donc l’autre gauche du château d’eau en priant pour tomber sur les fermes jumelles.
Précisé « ne pas suivre l’étang de fouille », nous trouvons les fermes puis continuons, encore et encore et encore… Pas de trace du parking annoncé!

Nous revenons une fois de plus sur nos pas (après tout, on est pas à ça près!) vers « l’étang des fouilles ».
On arrive à une mini pièce d’eau sale où pêchent quelques pêcheurs glauques qui n’ont jamais entendu parler de notre site. On interroge tous ces bons sportifs, n’osons pas nous aventurer de prime abord dans la gargote lugubre qui lui fait face. Une dame nous fait même remarquer qu’il lui semble qu’il soit arrêté depuis des années.
Plus le choix, écartant les pendants anti-mouche de l’entrée, nous faisons nos yeux de chats potés pour qu’on nous emmène enfin à notre lieu de travail. La grande âme qui dirige le tripot nous emmène sur son beau destrier 4×4 noir dans un chemin de pierraille jusqu’au chantier…
(Le parking tant recherché était en fait le rangement sauvage de la voiture du chef de chantier)

Nous arrivons avec 2 heures de retard et l’envie de pleurer.

Devant nous se dresse un trou énorme et rempli d’eau jusqu’à mi-botte.
Seigneur, pourquoi moi?
Nous passerons donc la fin de la matinée à drainer la tranchée.

Jour 1 : l’après midi
Ayant prévu un chargement de l’inutile qui encombrait encore plus inutilement mon sac, nous n’avions donc plus de place pour une bouteille d’eau.
Monde cruel
On retourne donc à la gargote (30 min aller, 30 min retour). Et là, de nouveau, envie pressante!
Je ne pourrai pas dire que c’était pire qu’au matin car il y avait une porte…
Mais ça devait être le seul « bonus ».

De retour au chantier, point de répit. Nous descendons dans la fosse, toutes bottes dehors pour 4 heures de raclage de boue…
Ereintée, dégueulasse et passablement dégoutée notre chef bien aimée nous ramène en voiture jusqu’à la gare. Descendant en ligne droite la chaussée, nous retombant avec dégout et effroi sur l’arrêt de bus où nous avait déposé le chauffeur le matin même.

Je dois avoir fait un truc de particulièrement vil, sournois et méchant pour avoir mérité ça…
Aussi je m’excuse publiquement auprès de chaque personne que j’ai pu, un jour, offenser…
Pardon…

Le pire est à venir mais il viendra demain!
La suite au prochain épisode comme on dit!