Adorer (Rê-Harakhty qui se réjouit dans l’horizon)|
(en son nom de « lumière qui émane de l’astre aton »)|
vivant éternellement et à jamais!

(Adorer) le grand Aton vivant en ses fêtes-sed, qui possède tout ce qu’entoure Aton,
le maître du ciel et maître de la terre, le maître du domaine d’Aton en Akhetaton,
le Roi de Haute et de Basse Égypte qui vit de Maât,
le maître des Deux Terres (Néferkhéperourê Ouaenrê)|

(Adorer) la grande épouse royale qu’il aime,
la maîtresse des Deux terres (Néfernéférouaton Néfertiti)|

Puisses-tu apparaître, beau, dans l’horizon du ciel, ô Aton vivant qui as inauguré la vie.
Sitôt que tu brilles dans l’horizon oriental, tu as rempli toute terre de ta perfection.
Car tu es magnifique, grand, resplendissant, élevé au-dessus de toute terre.
Tes rayons embrassent les pays jusqu’aux confins de tout ce que tu as créé : parce que tu es le soleil, tu les atteins jusqu’en leurs confins et tu les lies pour ton fils que tu aimes.

Lorsque tu te couches dans l’horizon occidental, la terre est dans les ténèbres, c’est la mort…
On dort dans sa chambre, la tête bien couverte. Pas un oeil n’en voit un autre.
Volerait-on à chacun tous les biens qu’il cache sous sa tête qu’il ne s’en apercevrait pas!
Tous les lions sortent de leur tanière et tous les serpents se mettent à mordre.
Ténèbres d’un four. La terre est dans le silence. Le créateur de tout repose dans son horizon.
Si éloigné sois-tu, tes rayons sont sur la terre. Tu es devant nos visages, mais tes cheminements restent inconnus.

Mais à l’aube, dès que tu brilles à l’horizon et que tu illumines, ô Aton dans le jour, tu repousses les ténèbres et tu prodigues tes rayons.
Le Double Pays est en fête.
Les hommes s’éveillent et se dressent sur leurs pieds; c’est toi qui les fait se lever!
Sitôt leur corps purifié, ils prennent leurs vêtements et leurs bras sont en adoration vers ton lever.
La terre entière vaque à son travail.
Chaque troupeau est satisfait de sa provende; arbres et herbes verdissent.
Les oiseaux qui s’envolent de leurs nids déploient leurs ailes pour adorer ton énergie.
Tout petit bétail se met à sauter sur ses pattes, tout ce qui s’envole et qui se pose vit lorsque tu brilles pour eux.
Les bateaux descendent le fleuve et semblablement le remontent. Tout chemin s’ouvre lorsque tu apparais.
Les poissons à la surface du fleuve bondissent vers ta face,tandis que tes rayons pénètrent au sein du Grand Vert.

Tu as mis chaque homme à sa place et tu pourvois à ses besoins; à chacun sa provende et son temps de vie.
Les langues sont diverses en leurs paroles, et leurs caractères comme leurs couleurs sont variés.
Car tu as diversifié les pays et les peuples.
Aton du jour, immense est ta gloire.
Tous les pays lointains, tu leur donnes aussi la vie, car tu as placé une Inondation dans le ciel, qui descend pour eux.
Elle gonfle les torrents sur les montagnes comme le Grand Vert, pour arroser leurs champs et leurs villages.

Extrait du grand hymne à Aton, inscrit à l’entrée de la tombe d’Ay à Amarna.


Akhénaton, Néfertiti et trois de leurs filles,
stèle, Tell el-Amarna (Egypte),
Musée égyptien du Caire

Nous arrivons donc aux urgences, samedi à 20h40.
Là, un brave infirmier me fait passer un interrogatoire en règle. Il semble assez médusé.

- Vous avez eu un coup de soleil lundi?
- Oui.
- Vous venez seulement le vendredi soir?
- Oui.
- Malgré le fait que votre peau ressemble plus à de l’écaille de crocodile?
- Oui.
- D’accord…

Je n’aime pas me justifier, surtout quand je pars du principe que personne n’aime les médecins, les hôpitaux, etc. Cependant son air condescendant me donne immédiatement envie de m’en aller…
Après 30 min d’attente que je passe à médire sur « l’indélicat » (record aux urgences selon ma maman), on me conduit dans la salle aseptisée où je vais me faire examiner.
3 bonshommes défilent :
- Mon infirmier dépassé par les évènements qui n’arrive pas à croire que je me suis fait ça en Belgique.
- Un médecin qui me diagnostique une brulure au 3ème degré sur 3% du corps en posant ses grosses mains sur mon dos toujours brûlant depuis lundi.
- Un gars qui passait surement après avoir entendu des rumeurs sur la-fille-au-monstrueux-coup-de-soleil-qui-a-fouillé-en-Belgique. Arrivant devant moi, il exclame un « mon dieu » et repart aussitôt.

Mon premier infirmier, maintenant compatissant, me prend un rendez-vous dans un hôpital spécialisé grand brûlé à Bruxelles et me fait le plus monstrueux bandage jamais fait : « couenne de jambon et filet de pêche ». Entendez là, compresses grasses et filet étrange pour les tenir sur mon dos. Il me souhaite bonne chance et me fait part de son étonnement de ne pas m’avoir entendu hurler et insulter ses ancêtres.
Je passe une des pires nuits de ma vie.

Le lendemain, je repars donc pour cet autre hôpital où je suis accueillie par la crème de la crème des infirmières. Je me fais laver comme un bébé au gant de toilette (les dents serrées et les mains crispées sur des poignées prévues à cet effet). On me tripote avec douceur et compassion tandis qu’on m’appelle « petit poulain ». Snif snif…
Mon médecin spécialiste cubain arrive et tente de m’expliquer que je dois garder mon « bandaché jusque demain sour » et « hydrater ma peau toute les houres ». Elle m’explique ensuite que je suis comme une petite plante privée d’eau qu’on doit bien arroser. Re-Snif snif…

Je me rhabille courageusement et retourne près de ma môman, ma sœurette et mon chéwi morts de tracs.
L’infirmière ajoute même que « Elle a été bien courageuse parce qu’elle a du beaucoup souffrir », je me sens la plus fière de toutes les petites filles de 20 ans.
En sortant de l’hôpital, on aperçoit un panneau significatif qui implore aux patients de ne pas insulter les infirmières… J’admire franchement la patience et le courage de ces braves dames.

Et me voilà donc, le dos collant, le dos qui chauffe, le dos qui pèle, le dos qui fait mal, le dos qui chatouille,… Donc, en conclusion, n’oubliez JAMAIS votre crème solaire! Passez en PARTOUT même aux endroits les plus incongrus.
Ça peut paraître comique présenté comme ça, mais ça fait mal. Un mal continu que les anti-douleurs apaisent à peine. Ça laisse une gène dans tout le dos et ça va durer encore 4 semaines.
Ne prenez pas le soleil à la légère…


Si ça peut vous faire réfléchir à deux fois…
En tout cas, moi, on ne m’y reprendra plus.
La photo date d’aujourd’hui, je n’ai pas de photo présentable « du pire »