… Et si peu d’envie.
Le fait que je l’écrive n’est-il pas le plus merveilleux des révélateurs?
Pourquoi se décider à exploiter un vieux tag sous-exploité, pompeusement appelé « Pensées en vrac ».
Je crois que je suis me suis maudite plusieurs fois après avoir créé cette rubrique.
A raison.
Ce n’est pas mon genre d’écrire des pensées, pas mon genre d’écrire MES pensées.
Je n’exclut pas une bouffée passagère de mégalo et je suis prête à accepter la théorie d’un inconscient malicieux qui aurait espéré que je m’exprime…
Se peut-il que je n’ai vraiment plus aucuns « perd-temps » sous la main?
Pourtant, le nouveau Nothomb me semble prometteur.
J’ai avidement dévoré les trois premiers chapitres sans reposer le couvert.
J’ai épuisé les allers-retours entre facebook – msn – prizee et le même dans l’autre sens.
Un livre à traduire pour mon mémoire m’attend, d’autres ont eu la décence d’être dans ma langue mais ne me font pas plus envie.
Non.
Je ne manque pas de choses à faire.
Je ne manque pas de loisir, de jeux, de livres ou même d’amis… Je manque d’envie.
L’envie…
Est-ce que l’ennui serait finalement le manque d’envie?
Est-ce-que c’est ce jour précis?
Une configuration particulière et transcendante des astres?
Moi?
Lui?
Lui peut-être mais moi surement.
Il pleut et j’ai envie de soleil. Quand il reviendra, j’invoquerai la pluie.
Peut-on se résigner à ne jamais être heureuse? A faire continuellement semblant?
Je ne me poserai même pas la question de « qui je suis » et d’ »où je vais ».
La peur éternelle de faire cliché me taraude.
Alors je savoure cette migraine qui ne m’a pas quittée depuis ce matin,
allongée sur mon lit,
en étoile.
Ça fait des centaines et des centaines de fois que mon tendre me demande/ordonne/supplie/engueule pour que je prenne ces putains de médocs.
Quelle bêtise.
On ne se rend jamais aussi bien compte qu’on est soit que quand on est dans la douleur.
Pas de tricheries, pas de faux-semblants, pas de calculs.
Si je pensais, je pourrais me demander si l’idée vient de moi, si je n’ai pas été influencée par mon humeur ou par un quidam.
Pas là.
Je sais que c’est moi, ma douleur m’est due, je ne m’en priverai pas.
C’est difficile de penser quand la migraine nous lance, c’est pourquoi je crois que ces pensées doivent être importantes. Si elles ont forcé la barrière et le brouillard pour se formuler c’est qu’il doit y a voir là, une vérité de tout premier ordre.
Demain tout ira bien, je sourirai, je ferai n’importe quoi, je me blottirai dans ses bras…
Mais aujourd’hui c’est le noir.
Je compte m’y enfoncer jusqu’à l’insupportable, jusqu’au désespoir, jusqu’à en pleurer peut-être un peu.
On pourrait se demander -mais qui le fera?- pourquoi cette déprime.
Je répondrai : pourquoi une raison?
Personne n’a le choix. La liberté est une utopie.
Ce sont des idées qu’on s’inventent pour se cacher l’absurdité du monde. Le rendre supportable.
Tout irait tellement mieux si on s’autorisait à être triste, si il ne fallait pas sans arrêt une sacro-sainte raison.
Demain, tout sera tellement mieux…
J’aurais oublié.