Dans la mythologie grecque, Mnémosyne est la déesse de la Mémoire.
Elle est fille d’Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre) ou, parfois, de Zeus et de la néréide Clymène.
Ses filles sont les célèbres neuf (ou sept) Muses.
Mais Mnémosyne, c’est aussi l’occasion pour moi de vous parler d’iconologie et il se trouve que les images, j’adore ça.
Aby Warburg (1866-1929)
Personnalité insaisissable et insolite au destin tragique, il fut longtemps oublié au profit de son élève Panofsky (le fondateur de l’iconologie critique).
Il s’oppose au formalisme de l’époque et invite à penser à l’œuvre dans ses formes, y trouver son sens mais aussi sa fonction.
L’image ne se définit plus seulement par ses qualités formelles mais devient porteuse d’un bagage culturel, inspirée d’une quantité d’autres images diverses et variées mais aussi de sources textuelles.
Warburg s’intéresse à toutes ces sources, ce qui donne une infinité de référents (ce qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’érudition des humanistes Renaissants) apparaissant en filigrane sous l’image .
L’œuvre d’art devient un témoin de son époque, plus qu’une simple toile.
Son œuvre à lui, l’œuvre de sa vie, c’est sa bibliothèque.
Aîné de 6 enfants, il cède sa part de l’héritage légué par ses parents, de riches banquiers juifs, à ses frères à condition qu’ils achètent tous les livres dont il aurait besoin.
Commencée en 1886, elle compte, à sa mort en 1929, près de 65 000 volumes.
Pour lui, sa bibliothèque est le signe d’un savoir en mouvement. Son agencement varie selon les travaux en cours, en fonction de son système de pensée et de ses intérêts du moment.
Mnémosyne
Sa démarche est comparatiste. Warburg voyage à travers l’espace, le temps mais aussi les savoirs et les objets culturels.
Mnémosyne, c’est un « atlas iconographique ». Sans texte mais conçu pour fonctionner par comparaison selon le principe d’intuition.
